Mais où va-t-il s'arrêter ? A 19 ans,
Tony Parker était devenu le plus jeune joueur à porter le maillot des
Spurs. A 23 ans, il est entré dans l'histoire en étant le basketteur le plus précoce à remporter deux titres NBA. A 25 ans,
Tony Parker, déjà double All Star, vient de s'offrir son troisième trophée
Larry O'Brien en étant en plus désigné
MVP de la finale. Une première pour un Européen. Et, il n'y a rien à redire ! Meilleur marqueur des trois premières rencontres, l'ancien
Parisien n'a pas craqué pour le match 4. Les
Spurs voulaient vite conclure pour ne pas se mettre de pression. Ils n'ont pas déçu. Et
TP n'y est pas étranger !
Dans une salle du
Quicken Loans Arena éteinte par la défaite de mardi,
Tony Parker a longtemps tenu la baraque. Comme souvent dans cette finale. Avec 15 de ses 24 points et un seul tir manqué à la mi-temps, le
Français a fait mal aux
Cavs. Très mal. Il a ensuite enfoncé le clou dans le troisième quart-temps avec un trois points et plusieurs pénétrations terribles. Avant de laisser la main à
Manu Ginobili, Tim Duncan et l'improbable
Fabricio Oberto pour réduire à néant les derniers espoirs des joueurs de
l'Ohio.
Tony Parker MVP des finals
Michael Jordan, Shaquille O'Neal, Kareem Abdul-Jabbar, Isiah Thomas, Magic Johnson, Larry Bird : voici une partie des légendes de la
National Basketball Association que
Tony Parker rejoint en cette année
2007 bénie. Sans devenir leur égal bien évidemment, le
Français entre tout de même dans une nouvelle sphère. Après avoir disputé son deuxième
All Star Game en février dernier,
TP a passé un cap. Et même s'il assurait, modeste, que "
Tim l'aurait ", c'est bien lui qui a décroché la timbale en même temps que les
Spurs allaient chercher leur quatrième trophée
Larry O'Brien. Drapé dans son
drapeau bleu-blanc-rouge, le natif de
Bruges n'en revenait pas : "
Je vais avoir mon nom gravé à côté de légendes comme Michael Jordan, Larry Bird... On n'effacera jamais cela. Quand je regarde ce trophée, je pense que je vais me réveiller demain et je vais toujours croire que c'est un rêve, un rêve très lointain. "
Jusqu'où ira-t-il ?
Ce n'est pourtant pas un songe.
Tony Parker a bien été le meilleur joueur de ces finales. Si
Tim Duncan s'est montré toujours aussi important par son influence, son abattage sous les panneaux et reste le seul joueur indispensable des
Spurs, le
meneur frenchie de
San Antonio qui n'avait "jamais imaginé cela" a réussi quatre matches de haute tenue. A la différence des
finales 2003 et 2005 lors desquelles il avait connu quelques coups de mou et fini sur les rotules,
le numéro 9 de la franchise texane a cette fois tenu tout au long de la série. Avec 27, 30, 17 et 24 points inscrits lors des quatre rencontres,
Tony Parker a été présent à marque et, mis à part le début du match 3 et la fin du 4, toujours été le moteur des
Spurs. De plus,
l'international français a montré combien il avait progressé à mi-distance et à trois points (4/7 sur les quatre rencontres contre 11/36 lors de la saison régulière).
On peut désormais se demander jusqu'où le futur mari d'
Eva Longoria peut aller. Déjà installé parmi la crème du
basket US,
Tony Parker n'était jusqu'alors pas à proprement parler un
franchise player, comme l'est
Tim Duncan. L'est-il devenu après cette série et ce titre individuel ? Pas certain. Et il n'est pas sûr qu'il le devienne. A
San Antonio, l'ordre est clairement établi. Les
Spurs, sans doute la franchise de la décennie, ne fonctionnent pas comme un essaim d'individualités. Le collectif passe avant tout et est la clé d'une équipe d'où le danger peut surgir des mains de quiconque.
Bruce Bowen, Brent Barry, Manu Ginobili, Robert Horry (qui décroche au passage le septième titre de sa carrière), ont chacun à leur tour tous été importants face à
Cleveland. Et personne ne tire la couverture à lui. Pas même
Tim Duncan ni
Tony Parker.
Aujourd'hui au firmament,
Tony Parker a dû travailler pour en arriver là. Mais également s'accrocher pour ne pas être tradé avec
Jason Kidd. En 2003, le meneur des
Nets était fortement pressenti pour devenir le chef d'orchestre de la machine texane.
TP avait à l'époque fait des pieds et des mains pour rester à
San Antonio. "J'avais dit que j'étais le meneur qu'il fallait pour cette équipe. J'avais expliqué à '
Pop': Je veux être le meneur de cette équipe. Je le veux et je vais travailler dur pour devenir un grand joueur. Sur le coup, ça l'a énervé. Mais je crois qu'il comprend maintenant." Il y a de fortes chances que
Gregg Popovich ait effectivement compris. Et jusque-là n'a pas à s'en plaindre.
Tony Parker:
Match 4:
-27 points
-7 rebonds
-1 passe décisive
Moyenne sur ses playoffs:
-24,5 points
-5 rebonds
-3,2 passes décisives